02/08/2011

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pour le Drapeau, et comme l’ayant composé il le tient dans ses archives. Le porte-drapeau avait obtenu cette place pour la somme de 41 francs.

Les places de gardes-drapeau furent obtenues au pris de 5 francs 50 centimes chacune par MM. Hallin Alfred, Fauchet Xavier, Rossomme Jules, Guillaume Léon.

Le local des réunions de l’Etat-Major a été obtenu par M. Célestin Monroy pour le prix de 40 frs. Les hausses étaient chaleureusement combattues.

Cette fête intéressa l’Etat-Major de 98 francs environ, somme dépensée en boisson et en poudre.

Les sociétés ayant participé à la fête n’avaient aucun frais à leur charge.

 

Nouveau peloton

 

Ensuite de cette fête se forma un peloton qu’on appelait communément « Les Bleus » et qui attira pendant plusieurs jours la discorde dans l’Etat-Major, comme le dit d’ailleurs par sous-entendu Mr Hallin dans son discours.

Adelin afficha, le 8 avril, dans le local respectif de l’Etat-Major en-dessous des pelotons nommés à ce jour, les phrases suivantes :

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« Chaque peloton se composera de huit hommes.

«  - A dater de ce jour, l’Etat-Major n’acceptera plus aucun officier avant que les pelotons sus-nommés ne soient complets.

« Il n’acceptera non plus les hommes ayant une tenue contraire à celle de militaire. Donc il refusera les hommes aux costumes ayant un caractère bizare. (sic) »

Ces phrases les surexcitèrent de nouveau, car ils croyaient eux-mêmes que leurs costumes ne possédaient rien du sens militaire.

Quelques jours plus tard, leur fureur s’apaisant, reconnaissant sans doute leur errur, ils adressèrent à l’Etat-Major supérieur une lettre demandant à entrer dans l’Etat-Major et à se régler avec ceux du même grade. L’un y entrait en qualité de capitaine, l’autre comme lieutenant.

Leurs pelotons qui s’appelaient autrefois « Les Bleus » étaient dénommés Turcos. Le Turco, où plutôt le costume de celui-ci, est une tenue de tirailleur d’Algérie.

Adelin, qui pourtant avait (sic) tombé plusieurs fois sous les coups de leurs mépris, les informa

 

(18) par écrit de la prochaine réunion.

A cette réunion, l’Etat-Major de la compagnie du Bambois se composait de presque tous les membres nécessaires .

 

Composition de l’Etat-Major

 

MMrs

Cosme Frédéric-Adelin, colonel ;

Guillaume charles, lieutenant-colonel ;

Viroux Gustave, major ;

Gobert François, id. ;

Georlette Jules, capitaine des Grenadiers ;

Thirot David, lieutenant id. ;

Drèze Désiré, capitaine des Voltigeurs ;

Wiame Antoine, lieutenant id. ;

Thirot Pierre, capitaine des Zouaves ;

Thirot Charles, lieutenant id. ;

Siplet Désiré, capitaine des Turcos ;

Lempereur Jules, lieutenant id. ;

Hallin Eugène, adjudant-major ;

Ancelot Emile, lieutenant Porte-Drapeau ;

Wiame-Georgery Antoine, Tambour-major

Fauchet Léonard, Sergent-sapeur ;

 

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MMrs Epouse Pierre Thirot-Thomé, cantinière ;

Hallin Alfred, garde-drapeau ;

Fauchet Xavier,  id.

Rossomme Jules, id.

Guillaume Léon, id.

Adelin avait parlé de gardes-cantinières ; d’après quelques-uns c’étaient de (sic) membres inutiles ; il n’y en a pas eu ; mais l’erreur a été reconnue plus tard, car on a dû prendre deux des gardes-drapeaux pour lui servir d’escortes.

 

Versements

 

A chaque versement, le Colonel, le Lieutenant-Colonel et les Majors payaient frs 9,00 ; les Capitaines frs 7,00 ; les Lieutenants frs 4,50.

Seulement les frais de surplus se divisaient d’après les grades. Il y avait amende pour les membres qui, sans avertissement, n’assistaient pas à la réunion ; ces amendes servaient à participer à la location des effets des soldats, et ce d’après un règlement d’ordre intérieur dressé par le colonel Adelin.

Les autres officiers ayant obtenu une place

 

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ou un grade dans la compagnie devaient payer dans les mains de l’état-major et dans la première quinzaine d’août la somme dont ils étaient redevables et ce en un ou plusieurs versements à leur gré.

 

Règlement

Kermesse du Haut-Vent

 

La compagnie fit une sortie le jour de la kermesse du Haut-Vent, le 16 juillet.

Sur l’invitation de M. Léopold Gosset, colonel de la Compagnie du Haut-Vent, les hommes endimanchés et armés de leurs fusils, assistèrent à cette fête et furent mouillés jusqu’aux os. La réception de la Compagnie avait été faite par la jeunesse du Haut-Vent.

Adelin, pour donner du poids à la Compagnie qu’il dirigeait, composa un règlement qui a été accepté à la majorité des membres. Les Sieurs Thirot, Georlette et Lempereur avaient, sans motif, refusé de signer le règlement.

Ce règlement, qu’Adelin avait composé en peu d’instants, fut lu par lui, le 16 juillet,

 

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avant le départ pour la kermesse du haut-Vent, en présence de toute la compagnie en rang et sous un calme profond et une attention minutieuse.

Adelin le prononça ainsi :

« Messieurs,

« D’accord avec les membres de l’Etat-Major, de notre compagnie, j’ai dressé un règlement qui a été accepté.

« Vous savez, Messieurs, que pour avoir de l’ordre dans n’importe quelle société, il faut un règlement à suivre exactement.

« Voici donc, Messieurs, ce règlement qui en vous impose que de l’ordre. »

Inutile de retracer ce règlement qui avait été écrit avec goût et affiché dans la salle des réunions de l’Etat-Major.

Adelin termina par ces mots :

« Rappelez-vous, Messieurs, qu’il n’y a pas un an, personne d’entre nous n’avait le plus faible idée d’assister à la marche Saint-Feuillen avec une compagnie formée dans notre hameau du Bambois.

« Cependant, nos pères, nos ancêtres même, ont souvent tenté à avoir ici, dans notre Bambois si paisible, un drapeau aux insignes : Jeunesse du Bambois.

« Nous autres, nous avons ce Drapeau.

 

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« Nous avons aussi une compagnie en voie de se former.

« Que nous faut-il d’autre ?

« D’ailleurs, pourquoi nous autres, jeunes et vieux, ne serions-nous pas fiers de voir représenter dans la marche de notre vénéré patron, la Jeunesse de notre petit coin de terre aux humbles chaumières !

« Il y a donc deux mois à peine, nous fêtions l’inauguration de notre Drapeau ; fête des plus grandioses qui se remémorera longtemps.

« Aujourd’hui, que notre compagnie est presque formée, grâce à notre dévouement sans bornes, nous vous prions habitants de Bambois et braves soldats, à nous aider dans notre tâche, unissez-vous à nous pour rehausser l’éclat de botre compagnie, tenons-nous par la main en répétant sans cesse notre devise patriotique : « L’Union fait la force ».

Adelin montra le mode d’amende : il fumait un fin cigare à la première place de la compagnie en entrant dans le hameau du Haut-Vent. Les bouffées de fumée formaient de magnifiques panaches. Les soldats l’ayant remarqué, lui disent : « Mon colonel, vous êtes pris fumant, donc vous êtes amendable, conformément à un article du règlement que vous venez de lire. »

 

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Adelin de suite alla à sa poche et versa la somme dont il était redevable. Soit cinquante centimes pour tous les grades d’officiers et vingt-cinq pour les soldats. Le Lieutenant Wiame fut aussi amendé pour le même motif.

La compagnie fit une nouvelle sortie le 13 août et de laquelle il n’y a rien d’anormal à signaler.

 

Choix des costumes.

Nouveau Major.

 

Le 15 août, l’Etat-Major, divisé en deux, est allé inspecter les effets militaires : une moitié à Florennes et l’autre moitié à Charleroi. La seconde partie, de retour de Charleroi, après avoir visité les costumes, accompagnée de M. Morel François, s’amusa très bien à la station de Fosses et dans cet amusement chaleureux, M. Morel cassa le verre pour le grade de major chez Th. Mathot. Il fut très applaudi, et on descendit en triomphe de la gare jusqu’au centre de la ville de Fosses, en peloton et sous, son commandement. M. Morel possède depuis

 

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nombre d’années des racines de passion pour les plaisirs militaires.

La partie allée à Florennes, chez M. Morue, s’était engagée pour la location des effets nécessaires à la Compagnie du Bambois.

 

Kermesse du Bambois

 

Il y eu sortie de la compagnie le jour de la kermesse du Bambois, sortie qui avait été annoncée par affiches imprimées.

Ces affiches portaient pour texte principal :

« Les amateurs désireux de prendre part à la marche Saint-Feuillen sont priés de se faire inscrire aux chefs de pelotons avant le 13 août prochain, l’état-major devant savoir le nombre d’inscriptions pour aller choisir les costumes le 15 août.

« Les soldats qui n’ont pas de fusils doivent en prévenir leurs chefs de peloton avant la même date. Ces derniers se chargent de leur en louer pour tout le cours de la marche au prix qui leur sera fait lors de leur inscription.

« Toutes les déteriorations faites à ces fusils

 

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sont à la charge des prenants. »

Puis l’Etat-Major était publié sur ces affiches : venait en première ligne l’état-major général, puis l’état-major subalterne sur deux colonnes : les capitaines à droite et les lieutenants à gauche.

L’adjudant Hallin avait été omis par erreur de l’affiche par le Colonel. M. Hallin, très vexé, voyant qu’on le faisait passer pour rien et lui qui se donnait tant de peine, disait-il, a écrit une longue lettre de reproches sur ce motif au Colonel Frédéric-Adelin.

Nous trouvons inutile de reproduire cette lettre, écrite avec une vraie audace inouïe du sens militarisme. M. Hallin est un ex-soldat de l’armée belge.

Après lecture de cette lettre, Adelin est allé, le soir-même, trouver l’adjudant et d’un commun accord, la faute fut réparée.

Adelin avait été saisi de cet oubli et eut un regret de celui-ci qui l’ébranla jusqu’aux dernières fibres du cœur.

M. Hallin qui pourtant était animé d’un rare courage, se sentit comme terrassé dans son for intérieur par l’affront comme il le

 

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prenait – fait involontairement par le colonel . Il voulait se servir comme arme meurtrière contre le colonel, d’une lettre donnant sa démission d’adjudant. Cependant il travaillait de toutes ses forces pour militariser tous les hommes du hameau.

Adelin avait invité à cette kermesse de Bambois, avec l’intervention de la Jeunesse qui payait la réception, les compagnies de Fosses, de Névremont, Haut-Vent, Maison, Sart-St-Laurent et Vitrival.

La compagnie de Vitrival, sous le nom du colonel Polet, a répondu qu’il lui était impossible de se rendre à Bambois s’étant promis pour la kermesse de Roux, ce jour-là, mais qu’elle ferait son possible pour se rendre à Bambois avant la Saint-Feuillen.

Elle n’est pas venue à Bambois.

La compagnie de Sart-St-Laurent n’a pas répondu à l’invitation ; elle a réciproqué à celle du Bambois.

Adelin, pour donner un grand éclat à la kermesse, a fait insérer dans le Pays Wallon, de Charleroi, l’article suivant :

 

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Depuis quelques années, la plupart des communes du canton de Fosses sont en mouvement pour la formation des compagnies en vue de la marche Saint-Feuillen, qui aura lieu à Fosses le 24 septembre prochain.

« Tous nos environs fourmillent de soldats, toutes nos rues, nos places publiques, sont chaque soir couvertes de jeunes gens faisant des évolutions militaires, répétant des airs joyeux pour la circonstance. Les états-majors de plus de vingt-cinq compagnies sont formés pour cette marche, qui est l’objet de toutes les conversations.

« Dimanche 27 août courant, le hameau de Bambois sera en fête.

« A l’occasion de cette fête, que nous appelons la petite Saint-Feuillen, et qui promet d’être des plus imposantes, il y aura un grand cortège composé des compagnies de : 1° Bambois ; 2° Fosses (société de musique) ; 3° Fosses (compagnie) ; 4° Haut-Vent ; 5° Névremont ; 6° Maison-Bossierre ; 7° Vitrival ; 8° Sart-St-Laurent, etc.

« Le cortège précédé du Drapeau et de la jeunesse du Bambois, suivra l’itinéraire que voici :

 

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Stampia, rue de Fosses, rue du Baty, rue du Gonoy, route de Ligny à Denée, place Baud’huin, rue du Grand-Etang, rue du Haut-Vent et Stierlinsart.

« La réception de ces compagnies aura lieu à 2 heures, par la Jeunesse et l’état-major de la compagnie du Bambois.

« Le soir, il y aura une belle illumination et, à 11 heures, une retraite militaire clôturera la première journée de la fête. »

Le Messager de Fosses, de son côté, parla ainsi :

« A l’occasion de la kermesse du Bambois, qui aura lieu le 27 courant, il y aura un grand cortège composé des compagnies de bambois, Fosses (musique), Fosses (compagnie), haut-Vent, Nèvremont, Maison-Bossierre, etc. La réception des compagnies aura lieu à 2 heures, par la Jeunesse et l’état-major de la compagnie du Bambois.

« A 3 heures, défilé et grandes évolutions militaires.

«  Le soir, bal populaire et illumination. »

Toute la matinée et même jusque vers trois heures après-midi une pluie diluvienne n’avait cessé de tomber. Vers quatre heures, les compagnies entrent dans le hameau ; le cortège annoncé a été impossible. Tous les chemins traversant le Bambois étaient noirs de monde.

Cette fête avait attiré au hameau de Bambois, commune de Fosses, non seulement les compagnies précitées, mais une foule considérable de personns suivant les compagnies de leurs villages respectifs, et plusieurs groupes des villages de Lesves, Saint-Gérard, Mettet et Graux.

Le colonel Adelin, voyant ce monde immense, ses peines données par un travail opiniâtre, ayant porté fruits, se sentait comme emporté dans un esquif de bonheur.

Le Messager de Fosses en donnait le résultat en ces termes :

« La kermesse de bambois de dimanche dernier a été très animée. Cinq compagnies s’y étaient donné rendez-vous, ce qui avait attiré foule de monde. »

 

Comptes. -  Secrétaire. – Trésorier.

 

Adelin, un ou deux jours après chaque sortie fai-

08:40 Écrit par Johan Viroux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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